dimanche 19 juillet 2015

À destination : Bali Barat

Contrairement à la plupart des touristes, qui décident de se rendre directement à Kuta dans le sud de l'île de Bali (royaume du surf, du party et des australiens, qui paient le billet d'avion moins de 100$ US), ou à Ubud, capitale culturelle de l'île, nous avons décidé de nous arrêter dans le petit village de pêcheurs de Pemuteran, à l'extrémité ouest (barat) de Bali.

Bon choix! En débarquant du traversier qui fait le lien entre Java et Bali, on nous embarque dans le bemo le plus démoli de l'histoire. L'odomètre ne fonctionne plus, mais on peut jurer que la vitesse de croisière sur l'autoroute dépasse à peine 20 km/h. On est bien contentes donc d'en sortir après 40 minutes et de ne pas avoir à faire les 50 km qui nous séparent encore de Lovina - là où se rendent les autres touristes qui partagent notre bemo.



Dès lors, on tombe sous le charme de Pemeturan. : une seule rue principale, un ciel sans nuage, les autels et les temples balinais et une pluie de fleur tropicales sur notre passage. On se rend à notre auberge pour apprendre qu'il est plein; pas de problème, on nous amène en scooter à l'auberge d'un ami qui vient d'ouvrir. Pour le même prix, on a donc droit à une chambre de luxe dans une auberge si belle qu'on ne peut s'empêcher de rire comme des enfants au parc d'attractions. Je sais que j'ai dit qu'il y avait la plus belle salle de bain que j'aie vue de ma vie dans notre chambre à Yogya, mais elle vient d'être surpassée par celle-ci. Maintenant, la barre est haute! À l'hôtel, il y a également une piscine avec un système de chauffage de l'eau non seulement ingénieux et écologique, mais aussi très feng shui!



On tombe également tout de suite sous le charme des Balinois. Tout sourire, ils font tout pour nous satisfaire. Cela fait changement des Javanais avec qui on a eu affaire durant notre tour organisé! Le jeune homme qui nous accueille s'appelle Kadek ("deuxième", voir iciet est presque trop gentil; il passe plus de 5 minutes à nous dire à quel point il est content qu'on soit là, de nous rencontrer, qu'il espère qu'on va aimer Bali. Il nous donne une accolade et des becs sur les joues, puis fait mine de s'en aller avec moults selamat sore, terima kasih!, puis reviens pour reprendre à nouveau son baratin. Et le tout se termine avec d'autres becs, cette fois on remarque qu'il nous respire sans aucune discrétion lorsqu'il approche sa bouche de nos joues. On rit sans ménagement, il semble croire qu'on a apprécié.



Nous nous sommes ensuite rendues à la plage, la première depuis le début de notre voyage. Le sable, volcanique, est assez foncé, plutôt noir par endroit, blond fondé à d'autres. Des morceaux de coraux aux formes et aux couleurs variées peuplent la plage. L'eau est douce et les vagues sont amusantes; on y passerait la journée. Malheureusement, comme il est déjà un peu tard, le soleil se déplace déjà vers l'horizon alors on se dirige vers le bar de la plage pour prendre un drink aux bananes ou aux ananas pour célébrer notre arrivée dans l'île paradisiaque.



Si nous avons choisi de nous arrêter à Pemuteran, c'est qu'il s'agit d'un village reconnu pour ses sites de plongée sous-marine, notamment l'île protégée de Menjangan au large et l'ingénieux site BioRock près de la plage. Comme Véro et Joëlle ont toutes les deux leur certification, elles souhaitaient donc profiter de notre passage en Indonésie pour en faire. Le lendemain de notre arrivée, elles ont donc visité BioRock, qui est un récif corallien artificiel, dont la croissance est stimulée par du courant électrique sous-marin circulant à travers des structures de métal. Et comme les Balinais ont le sens de l'esthétique bien développé, ces structures recouvertes de coraux prennent donc diverses formes, résultant en un jardin sous-marin où on se promène (on nage, plutôt) entre les sculptures ornées de coraux, d'étoiles de mer et d'anémones et autour desquelles nagent des dizaines de poissons aux couleurs éclatantes. Pour ma part, j'avais prévu faire du snorkelling pour voir cette merveille mais la grasse matinée a décidé de kidnapper ma matinée. Après les courtes nuit de la semaine qui vient de passer, je ne m'en plains pas. J'ai plutôt profité de ce petit moment de solitude pour faire la patate près de la piscine et m'offrir une délicieuse soupe thailandaise au poisson au warung du coin.

Samedi matin, nous avons fait appel à un chauffeur privé pour nous rendre jusqu'à Ubud. La difficulté ne résidait pas dans ce simple objectif, mais plutôt dans celui de visiter les régions montagneuses de Munduk et de Bedugul qui se trouvent entre Pemeturan et Ubud. Comme aucun transport ne s'y rend, il était plus facile de faire appel à l'ami du propriétaire de notre auberge, Nyoman ("troisième") et son confortable VUS pour nous mener là où bon nous semblait. Cela nous a permis de visiter la chute de Munduk,



arrêter à Tanbligan pour voir le panorama sur ses deux lacs,



le temple Pura Ulun Danu Betaran de Bedugul



et de nous promener dans l'immense et majestueux jardin botanique de Bedugul.


Nous y avons visité la serre de cactus, le jardin des fougères (on avait l'impression d'être dans une scène du Parc Jurassique), le jardin des bambous, le jardin des plantes médicinales et le jardin d'eau.

Notre guide pour la journée était très sympatique. Non seulement avons-nous chanté à tue-tête du Mariah Carey...



il nous a également appris de nouveaux mots en indonésiens, dont certains plutôt grivois...

- Do you know what is duck in indonesian?
- Yes, bebek!, répond-on, fières.
- Well, be careful because pepek means.... pussy!

Un peu plus tard, je lui dis qu'on aime beaucoup les salak (un petit fruit à la peau de serpent, formé de gousses et qui goûte à la fois la pomme et le litchee). Il se fait alors un plaisir de nous dire que celak (prononcer tché-lak) veut dire pénis! Et il se fera un plaisir de répéter aussi souvent que possible "I would like to eat pepek and celak please" durant le reste du trajet.

Nous voilà donc arrivées dans la ville ultra-touristique d'Ubud, armées de deux nouveaux mots indonésiens. Leur utilité demeure à prouver...

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