Celle-ci a débuté par le nécessaire 12 heures de bus qui sépare la ville de Yogyakarta de la région du Parc national de Bromo-Tengger-Semeru. C'est assises à l'arrière d'un autobus bondé, avec un air climatisé qui ne fonctionnait pas vraiment et collées les unes sur les autres que nous avons traversé presque le tiers de l'île de Java. On a passé le temps en faisant un mot croisé collectif, en mangeant des pinottes en écales, en essayant de dormir (impossible!), en utilisant nos batteries de iTrucs pour jouer à nos petits jeux niaiseux, et les filles se sont moquées de moi qui faisait du "air drum" en écoutant de la musique.
Après une dernière heure de bus sur une route typique de montagne, très inclinée et sinueuse, nous sommes finalement arrivées à notre hôtel (très sommaire) alors qu'il faisait bien nuit. Nous avions bien hâte de voir la vue car elle semblait superbe; nous pouvions distinguer les silhouettes des montagnes tout autour de nous. Après avoir constaté que nous n'avions pas l'eau courante dans notre chambre (alors que nous devions avoir la douche chaude dans nos hébergements...), nous nous sommes mises au lit car nous devions nous lever à 3:30 le lendemain.
Pourquoi 3:30? Pour nous parquer dans des jeeps, un peu comme du bétail, sans sourire et sans plus de manières, pour continuer l'ascension de la montagne Penanjakan (2770m d'altitude), où se trouve le point de vue sur la caldera du Parc. Là, on se trouve un petit coin parmi la foule, composée à parts égales d'étrangers et d'indonésiens (ces derniers sont complètement frigorifiés - j'en ai vu avec des manteaux à capuche à poil comme on porte dans le Bas-St-Laurent en plein hiver, le foulard, la tuque et les gants sont de mise, même si certains sont accoutrés ainsi avec des gougounes aux pieds) et on attends le lever du soleil. On se dit qu'on ne verra absoluement rien derrière ces centaines de personnes qui sont toutes là pour prendre le même cliché que nous. Mais, surprise, le soleil se lève à l'est (comme chez nous! c'est drôle non? ha ha) et la vue sur la caldera se trouve au sud. Donc, dès les premières lueurs de l'aurore, tout le monde se précipite à gauche pour prendre des photos du plus ordinaire des lever de soleil; alors, toutes les places au premier plan se libèrent pour voir le paysage majestueux de la caldera et des quatre sommets du Parc national . On assiste donc, pendant près d'une heure, au dévoilement de ce paysage majestueux.
Après, nous retournons à la jeep et nous traversons la mer de sable de la caldera jusqu'au pied du volcan Bromo (digne du fameux Paris-Dakar nous a promis l'agent du tour operator - ce ne sera pas la dernière fois qu'il nous ment celui-là!). L'ascension jusqu'au sommet, seulement 2km dont le tiers se fait par un escalier, n'est théoriquement pas difficile. Par contre, on trouve très pénible de respirer car on peut également faire l'ascension en cheval et ceux-ci, assez nombreux, lèvent sur leur passage la poussière venant du sol entièrement fait de sable volcanique (et de crottes de cheval). C'est avec la gorge et les yeux irrités qu'on arrive en haut et que l'on réalise que cela valait le coup; devant nous, un cratère qui crache sa fumée aux odeurs de souffre dans un vombrissement très impressionnant. À 360 degrés, la vue sur les autres sommets du Parc National. Évidemment, c'est le genre de paysage qui génère une impression qui ne peut jamais être transmise sur une photo.
Retour en bas au pied de course (c'est plus facile pour les genoux) sous les exclamations des asiatiques qui - c'est notre théorie - sont beaucoup moins habitués que nous à glisser (merci hivers québécois) et qui descendent la montagne à un rythme de chenille. On nous embarque encore, toujours aussi poliment, dans les bus pour une autre heure de route jusqu'à la ville tout à l'est de Java, là où se trouve le départ du traversier vers l'île de Bali.
Sur le traversier, on est ravies de constater qu'on peut occuper l'heure que dure le voyage à faire du karaoké en indonésien - une blague que nous avons fait dès le début du voyage ("ce serait si drôle de faire du karaoké en indonésien"). On n'y passe pas une heure, bien sûr.
On va plutôt sur le pont profiter du soleil, de l'air chaud, de la couleur turquoise de l'eau, de la vue sur l'île de Bali qui se rapproche peu à peu et on se rappelle tout ce que le mot Bali nous évoque depuis toujours : loin, exotique, paradisiaque... On a peine à croire que nous y serons dans quelques minutes.
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