jeudi 16 juillet 2015

À destination : Java Timor

La région de Java Timor (Java est) est celle que les touristes visitent pour ses volcans. Comme nous, la plupart font affaire avec des tour operators et choisissent la formule tout-inclus pour visiter les sites extraordinaires du parc national Bromo et du Kawa Ijen. Pour la modique somme de 80$ CAD, nous avions donc les prochains 3 jours d'organisés pour nous. À l'aventure!

Celle-ci a débuté par le nécessaire 12 heures de bus qui sépare la ville de Yogyakarta de la région du Parc national de Bromo-Tengger-Semeru. C'est assises à l'arrière d'un autobus bondé, avec un air climatisé qui ne fonctionnait pas vraiment et collées les unes sur les autres que nous avons traversé presque le tiers de l'île de Java. On a passé le temps en faisant un mot croisé collectif, en mangeant des pinottes en écales, en essayant de dormir (impossible!), en utilisant nos batteries de iTrucs pour jouer à nos petits jeux niaiseux, et les filles se sont moquées de moi qui faisait du "air drum" en écoutant de la musique.

Après une dernière heure de bus sur une route typique de montagne, très inclinée et sinueuse, nous sommes finalement arrivées à notre hôtel (très sommaire) alors qu'il faisait bien nuit. Nous avions bien hâte de voir la vue car elle semblait superbe; nous pouvions distinguer les silhouettes des montagnes tout autour de nous. Après avoir constaté que nous n'avions pas l'eau courante dans notre chambre (alors que nous devions avoir la douche chaude dans nos hébergements...), nous nous sommes mises au lit car nous devions nous lever à 3:30 le lendemain.

Pourquoi 3:30? Pour nous parquer dans des jeeps, un peu comme du bétail, sans sourire et sans plus de manières, pour continuer l'ascension de la montagne Penanjakan (2770m d'altitude), où se trouve le point de vue sur la caldera du Parc. Là, on se trouve un petit coin parmi la foule, composée à parts égales d'étrangers et d'indonésiens (ces derniers sont complètement frigorifiés - j'en ai vu avec des manteaux à capuche à poil comme on porte dans le Bas-St-Laurent en plein hiver, le foulard, la tuque et les gants sont de mise, même si certains sont accoutrés ainsi avec des gougounes aux pieds) et on attends le lever du soleil. On se dit qu'on ne verra absoluement rien derrière ces centaines de personnes qui sont toutes là pour prendre le même cliché que nous. Mais, surprise, le soleil se lève à l'est (comme chez nous! c'est drôle non? ha ha) et la vue sur la caldera se trouve au sud. Donc, dès les premières lueurs de l'aurore, tout le monde se précipite à gauche pour prendre des photos du plus ordinaire des lever de soleil; alors, toutes les places au premier plan se libèrent pour voir le paysage majestueux de la caldera et des quatre sommets du Parc national . On assiste donc, pendant près d'une heure, au dévoilement de ce paysage majestueux.













Après, nous retournons à la jeep et nous traversons la mer de sable de la caldera jusqu'au pied du volcan Bromo (digne du fameux Paris-Dakar nous a promis l'agent du tour operator - ce ne sera pas la dernière fois qu'il nous ment celui-là!). L'ascension jusqu'au sommet, seulement 2km dont le tiers se fait par un escalier, n'est théoriquement pas difficile. Par contre, on trouve très pénible de respirer car on peut également faire l'ascension en cheval et ceux-ci, assez nombreux, lèvent sur leur passage la poussière venant du sol entièrement fait de sable volcanique (et de crottes de cheval). C'est avec la gorge et les yeux irrités qu'on arrive en haut et que l'on réalise que cela valait le coup; devant nous, un cratère qui crache sa fumée aux odeurs de souffre dans un vombrissement très impressionnant. À 360 degrés, la vue sur les autres sommets du Parc National. Évidemment, c'est le genre de paysage qui génère une impression qui ne peut jamais être transmise sur une photo.




Retour à l'hôtel pour le déjeuner et nous voilà repartis vers la prochaine étape du voyage, la région du Kawa Ijen (cratère vert). Ce volcan contient un lac d'acide sulfureux (le plus acide au monde apparemment) et il contient également une mine de souffre. Après un autre 4 heures de bus, on nous débarque à un hôtel où nous avons les chambres "économiques" - traduire par "malpropres". Cela ne nous empêche pas de dormir nos 5 heures restantes avant un autre lever à 4 heures du matin (notre 3e lever avant le soleil en 4 jours). On nous mène alors au pied du Ijen où une jolie randonnée d'une heure nous mène au sommet. Sur la route, nous avons différents points de vue sur le volcan Raung, ce fameux volcan qui est entré en éruption quelques jours avant notre arrivée en Indonésie. Avec le lever du soleil qui donne au paysage des teintes de couleur entre le rose et le bleu, nous n'arrêtons pas de nous arrêter pour contempler la vue et notre randonnée prend beaucoup plus de temps que prévu. Le soleil est donc déjà bien levé lorsque nous arrivons au sommet et nous croisons les autres membres du groupe qui entament la descente de la montagne (tous les autres membres du groupe avaient choisi d'acheter une expédition de nuit pour descendre à la mine et voir la lave bleue du volcan - apparemment cela ne valait absolument pas le coût et nous sommes bien contentes d'avoir dormi quelques heures de plus). Nous avons donc fait quelques clichés en haut de la montagne mais n'avons pas eu le temps de descendre près de la mine pour voir le souffre de près. Nous ne sommes pas décues; notre randonnée et la vue sur le volcan Raung qui crache sa fumée furent tout à fait satisfaisantes.




Retour en bas au pied de course (c'est plus facile pour les genoux) sous les exclamations des asiatiques qui - c'est notre théorie - sont beaucoup moins habitués que nous à glisser (merci hivers québécois) et qui descendent la montagne à un rythme de chenille. On nous embarque encore, toujours aussi poliment, dans les bus pour une autre heure de route jusqu'à la ville tout à l'est de Java, là où se trouve le départ du traversier vers l'île de Bali.

Sur le traversier, on est ravies de constater qu'on peut occuper l'heure que dure le voyage à faire du karaoké en indonésien - une blague que nous avons fait dès le début du voyage ("ce serait si drôle de faire du karaoké en indonésien"). On n'y passe pas une heure, bien sûr.


On va plutôt sur le pont profiter du soleil, de l'air chaud, de la couleur turquoise de l'eau, de la vue sur l'île de Bali qui se rapproche peu à peu et on se rappelle tout ce que le mot Bali nous évoque depuis toujours : loin, exotique, paradisiaque... On a peine à croire que nous y serons dans quelques minutes.



Bahasa indonesia

La langue officielle de l'Indonésie est le bahasa indonesia (littéralement, langue indonésienne). Il s'agit d'une variante de la bahasa malaysia. L'indonésien a été introduit par les hollandais durant la colonisation et a servi d'élément unificateur entre les nombreux peuples qui forment l'ensemble de l'archipel. Rappellons que plus de 17 000 îles forment l'Indonésie, et on y retrouve une des plus grandes diversité intra-nationale de langues, de religions, de coutumes, etc. L'introduction d'une langue commune a permis de mousser le sentiment nationaliste ce qui a mené à l'indépendance de ce pays assez jeune (l'indépendance a été déclarée le 17 août 1945, reconnue par les hollandais en 1949). Si à peu près tous les indonésiens parlent le bahasa indonesia, c'est la langue maternelle de seulement 20% de la population; des centaines d'autres langues étant toujours parlées un peu partout à travers le pays.

Pour les voyageuses francophones que nous sommes, le bahasa indonesia est une langue assez facile à apprendre. Seule difficulté, on ne peut pas reconnaître ou déduire la signification d'un mot par sa racine : rien à voir. Toutefois, l'alphabet utilisé est le même qu'en français, il n'y a pas du tout d'accents, la prononciation est assez facile aussi et il n'y a pas de grammaire. Les mots formant une idée sont simplement ajoutés les uns après les autres; il n'y a pas de conjuguaison de verbes non plus. Pour faire une phrase au passé, on ajoute un mot clé (genre "passé") dans la phrase. Cela se remarque chez les indonésiens qui parlent anglais car ils parlent toujours au présent; ce qui peut parfois mener à des problèmes de communication!

En débarquant en terre indonésienne, nous connaissions que deux mots : salam (bonjour) et terima kasih (merci) – même si ce dernier nous donne parfois encore du fil à retordre... Combien de fois avons-nous dit avec notre plus grand sourire “Terima SAKI!” C'est la rigolade à coup sûr, autant de la part de notre interlocuteur qu'entre nous trois.

À partir de là, nous nous sommes débrouillées. On rencontre toujours des gens qui parlent anglais, à différents niveaux, mais d'autres ne le connaissent absolument pas. Certains sont surpris : dès qu'on leur dit un Terima kasih ou un jalan jalan (“on ne fait que marcher” - réponse nécessaire pour tenter de décourager les conducteurs de becak qui nous abordent continuellement), ils nous demandent si on parle l'indonésiens. “Ya! Terima kasih, tidak pedas, satu, duah, tiga, empat...” (Oui! Merci, pas piquant, un, deux, trois, quatre...) ça les fait toujours rire.


Une collègue bourlingueuse du cégep, Carole, a donné à des amis, qui nous ont donné à leur tour, un petit dictionnaire indonésien-anglais. Celui-ci nous est bien utile (merci Carole!) et surtout à l'heure des repas. Nous sommes rendues assez bonnes pour déchiffrer les menus. D'abord, il faut connaître les quatre mots de base : ayam (poulet), mie (nouilles), nasi (riz) et goreng (frit). Juste avec ça, vous comprenez déjà la moitié du menu. Ensuite, on a appris bebek (canard), pecel (sauce aux arachides), cai ou sayur (légumes), sop (soupe), bakso (soupe aux boulettes de viande), lele (poisson), pisang (banane), nanas (ananas), apokat (avocat), apel (pomme), buah (fruit) et mata (yeux). Oui, oui, on a déjà eu la possibilité de choisir la soupe de yeux de boeuf (non, on ne l'a pas fait). Et le truc du parfait voyageur : il ne faut jamais oublier d'ajouter Tidak pedas après avoir donné sa commande!

En plus du petit dictionnaire indonésien-anglais, nous avons aussi le lexique du Lonely Planet ainsi qu'un guide G'palémo (produit par le Routard). Il s'agit d'un petit carnet avec tous les pictogrammes nécessaires pour se faire comprendre en voyage; si on a de la difficulté à communiquer, on peut simplement pointer ce que l'on essaie de dire. Cela nous permet de prendre contact avec les indonésiens; par exemple, ce vendeur de fruit dans la rue. Pendant qu'il nous coupait des fruits en morceaux, je lui pointais le fruit en question dans le g'palémo et il nous disait le nom indonésien. À la fin, il tenait absolument à continuer le jeu.


Comme on passe beaucoup de temps dans les transports, on en profite aussi pour tenter de traduire les affiches dans la rue pour améliorer notre vocabulaire. Ça passe le temps, et ça nous permet aussi de faire de belles rencontres. Comme cette jolie petite fille à qui on a donné une figurine de dromadaire dans le bus. Y'a pas vraiment de contexte, la photo est juste trop jolie pour ne pas vous la montrer!



Salamat jeppa!
Au revoir!

lundi 13 juillet 2015

À destination : Yogyakarta

Après un long trajet de train (on va vite apprendre que tous les trajets sont longs sur Java), nous arrivons dans la ville de Semarang. Nous allons directement à l'hôtel que nous avions réservé et nous faisons un gros dodo.


C'est pour le déjeuner du lendemain que nous tentons notre chance dans le premier warung d'une longue série. Le warung est le petit resto-roulotte familial typique d'Indonésie où l'on mange, sur une vieille table bancale, sur le trottoir ou dans un coin d'une gare, la nourriture la plus typique qui soit. Véro et Joëlle ont de la difficulté à se résoudre à manger des nouilles frites pour déjeuner alors elles tentent leur chance avec le sop buah, littéralement soupe de fruits. Un mélange de sirop, jelée, fruits coupés en boule et glace. C'est bon, mais assez sucré. Pour ma part, je me régale de mon tout premier mie goreng, ou nouilles frites.



En route vers Yogyakarta!

Le trajet d'autobus en Indonésie est en soi toute une expérience culturelle. D'abord, tant qu'il y a des gens qui peuvent entrer dans le bus, on les fait entrer. Également, il arrive très régulièrement que, lorsque nous sommes ralentis dans le traffic ou si on fait un arrêt de quelques minutes dans un village, des vendeurs de toutes sortes de nourriture ou de boissons entrent dans l'autobus. Ils nous demandent tous deux à trois fois si on veut acheter quelque chose, et souvent les 6 ou 7 hommes qui entrent vendent tous la même chose!

Il y a aussi des musiciens qui entrent dans les bus pour nous "pousser quelques tounes" avant de descendre un peu plus loin, probablement pour recommencer le processus dans un autre bus qui revient au point de départ. La plupart jouent du yukulélé en chantant, mais nos préférés sont les groupes composés d'un guitariste, d'un yukuléléiste et d'un percussionniste qui joue sur des jdembés confectionnés avec des longs tubes de PVC avec une peau de caoutchouc. Ce qui est surprenant, c'est que à peu près tout le monde donnent un peu d'argent lorsque les musiciens passent le chapeau après leur performance. Nous étions contentes d'arriver à Yogya, car nous n'avions plus du tout de "petit change"!



Nous arrivons donc à Yogya après un autre long trajet et nous prenons un taxi pour nous rendre à notre auberge. Le nom du chauffeur est toujours inscrit dans le taxi, et on tente toujours de prononcer leur nom. Celui-ci s'appelle Suwesi, alors je l'appelle Suwesi Boulet (voir l'article sur Jakarta pour comprendre la blague). À notre grande surprise, il rit puis il dit : "no, you Boulet!". Intriguées, on lui demande la signification et il nous répond que buleh veut dire "white people" ou "stranger". L'équivalent du gringo pour les latinos! On en revient pas et on est pas loin d'être mortes de rire.

Notre auberge est tout simplement magnifique. Nous avons une chambre privée avec la plus belle salle de bain que j'ai vu de ma vie. L'auberge au complet est dans un jardin privé et il y a même une piscine. On est au paradis!



Le lendemain, nous nous levons assez tard et partons à la découverte de la ville. Notre objectif est d'aller visiter le Kraton, le palais du sultan et son palais d'eau adjacent. Notre hôte nous avertit : ne croyez pas les gens dans la rue qui tenteront de vous faire croire que le Kraton est fermé! Rendez vous directement à pied! On part donc à la découverte de la ville qui, comme toute ville indonésienne qui se respecte est étouffée de traffic, mais qui a tout de même un certain charme.


On se fait beaucoup aborder dans la rue, d'abord par les conducteurs de becak qui veulent à tout prix nous éviter de marcher (pourtant, pourquoi voudrait-on s'en empêcher?) mais aussi par de sympathiques petits monsieurs qui nous demandent où on va. “Oh, Kraton, close today because Ramadan. Open at 1 o'clock”. Ils nous proposent tous de nous rendre, en attendant l'ouverture du palais, au Arts and Craft Festival, qui, quelle chance, ne dure que 3 jours! Après trois personnes qui nous disent la même chose, on y croit dur comme fer. Surtout après le dernier, qui nous jure être un joueur de gamelan (orchestre traditionnel indonésien) qui fait une prestation à 2h au Kraton. Il nous propose de venir le voir dans son habit traditionnel et prendre des photos. Il nous propose de nous trouver un becak pour pas cher afin de nous rendre au Festival d'arts.Comme par hasard, son ami est juste l'autre côté de la rue...

En arrivant là-bas, on se rend compte qu'on s'est fait avoir par le plus classique des attrapes-touristes de Yogya! Nous ne sommes pas du tout à un festival d'arts, mais plutôt dans un atelier de batik, une technique traditionnelle de teinture des tissus. On nous accueille en français (!) et on nous raconte que nous sommes bien au festival, mais c'est drôle, nous sommes aussi à une école où on apprend à faire le batik. Heureusement, la démonstration que l'on nous fait de la méthode est très intéressante. Puis, on nous donne une liste de prix et on nous invite à regarder les tissus à vendre. On est franchement décues de s'être faites avoir, mais on a quand même trouvé très intéressant de voir comment ce tissu typique d'Indonésie est produit. 

Le tissu est teint une couleur à la fois; entre chaque étape, les parties que l'on veut préserver de la couleur suivante sont recouvertes de cire. Après chaque bain de teinture, il faut donc aussi tremper le tissu dans de l'eau chaude pour enlever la cire de l'étape précédente. Bref, c'est très long et méticuleux; de vraies oeuvres d'art!


Aujourd'hui, ce fut une journée extraordinaire! Nous nous sommes levées à 4h du matin (juste à temps pour entendre un des 5 appels quotidiens pour la prière) et sommes parties en direction du temps de Borobudur. Il s'agit du plus grand temple bouddhiste au monde! 


Le temple à 10 terrasses représente 6 niveaux; les 6 terrasses du bas sont de forme carrées, les 4 du haut, de forme circulaire. Vu d'en haut, le temple ressemble à un mandala. En fait, le temple n'a jamais servi pour prier ou méditer, mais plutôt comme un mandala à marcher : on débute à la terrasse inférieure (qui représente la souffrance terrestre et le désir), et on se déplace dans le sens des aiguilles d'une montre jusqu'à la terrasse supérieure, celle qui représente la perfection et le nirvana. Partout au niveau des terrasses inférieures, on retrouve des statues du bouddha (dont plusieurs n'ont plus de tête après que les Hollandais – qui ont colonisé le pays – les aies ramenées à la maison comme souvenir) et d'innombrables dessins sculptés. Chaque dessin représente une histoire...


Sur les terrasses supérieures, plus aucune représentation humaine, car on est près du nirvana, on est loin du monde matériel. On retrouve les stupah, les cloches typiques de ce superbe temple, à l'intérieur de chacune se trouve une statue. Avec les rayons du soleil qui percent entre ces imposants monuments, l'atmosphère était propice à un petit recueillement.  




Après la visite de Borobudur, nous avons visité le temple de Prambanan, qui figure lui aussi sur la liste du Patrimoine de l'UNESCO. Il s'agit d'un temple construit à la gloire d'un prince hindou et de son épouse bouddhiste. L'architecture du temple contient donc des éléments des deux religions, ce qui en fait sa particularité. Malheureusement, un tremblement de terre survenu en 2006 à Jakarta a complètement détruit le site. Même si la reconstruction a débuté moins d'une semaine après la catastrophe, et que les temples principaux sont déjà restaurés, le site n'est pratiquement qu'un grand champ de pierres. On peut distinguer la base des nombreux temples (plus de 400 au total), ce qui laisse à peine deviner l'ampleur que devait prendre le site avant le tremblement de terre.





Demain matin, nous quittons déjà Yogya et nous partons à la conquête des volcans de l'est de Java : Bromo et Kawah Ijen. Nous risquons de ne pas avoir accès aux internets pour quelques jours, alors je crois que les prochaines nouvelles en direct des pays viendront de Bali!

Salamat malang!
Bonne nuit!

samedi 11 juillet 2015

À destination : Jakarta

Après près de 24 heures de vol, plus les temps de transit et d'attente entre ceux-ci, nous voici enfin à Jakarta, capitale de l'Indonésie. Formée de plus de 18 000 îles, l'Indonésie est le pays musulman le plus peuplé au monde. Pas étonnant donc que ce qui caractérise d'abord sa capitale de 28 millions d'habitants soit son traffic et sa mauvaise odeur (on surnomme Jakarta « the big durian » - le durian étant un fruit à l'odeur nauséabonde).





Dès notre arrivée, le douanier nous demande si nous nous rendons à Bali au cours des prochains jours. Apparemment, un volcan serait entré en éruption quelques minutes seulement avant notre atterissage, mais nous n'obtenons pas plus d'informations. Heureusement, notre déplacement vers Bali n'est prévu que dans une dizaine de jours. Finalement, les seules informations que nous arriverons à obtenir sur ce volcan seront qu'il serait entré en éruption il y a plus d'une semaine. De toute façon, nos prochaines destinations – Semarang et Yogyakarta – ne semblent pas affectées par les fumées du volcan.

Après le traditionnel transport de l'aéroport vers l'hébergement de la première nuit, qui nous rappelle à chaque fois à quel point notre façon de conduire en occident est franchement moumoune, (et c'est tant mieux!) nous retrouvons Joëlle à l'hôtel. Nous goûtons aussi à notre première Bintang (je ne suis pas très impressionnée). On a bien du mal à s'endormir : on placote comme des jeunes filles dans un party pyjama.

Ce matin, nous sommes prêtes à découvrir l'Indonésie. Après un déjeuner décevant pour Joëlle et Véro, mais tout à fait satisfaisant pour moi (poulet épicé, riz et tempeh frit salé aux chips de kale), nous décidons de faire appel à un taxi pour nous rendre au centre de la ville, plutôt que de retourner à l'aéroport et prendre l'autobus. Le choix est un peu difficile, car si on est certaines que se rendre en autobus sera très long, en taxi nous ne le savons pas : tout va dépendre du traffic, légendaire à Jakarta.


Notre taxi arrive avec son chauffeur, qui s'appelle Jeri. Je l'appelle Jeri Boulet, il trouve ça très drôle (il n'a pas compris) et nous aussi. Il ne parle pas vraiment anglais (à part “money”, “traffic” et “water”) alors je fais une Antoine de Maximy de moi-même et tente de communiquer comme je peux. En utilisant des signes et, surtout des sons, je n'arrive pas du tout à me faire comprendre de Jeri mais, au moins, les filles sont crampées sur le siège arrière. Finalement, nous avons pu vivre l'expérience tout à fait typique du traffic de Jakarta, mais nous sommes arrivées à la gare dans les temps (et les prix!) qu'avaient estimés les employés de notre hotel.

Il nous reste près de 2 heures pour visiter la ville. On voit dans le guide qu'il y a, juste à côté de la gare, un grand parc avec au centre, le monument national, le Monas. Il est possible de monter tout en haut pour avoir une vue sur toute la ville – on a des doutes là dessus étant donné la quantité de smog. On décide tout de même de tenter notre chance. Le monument est à quelques dizaines de mètres de la station de train, une clotûre avec les barbelés les plus méchants que j'ai jamais vu nous en sépare. On demande la direction pour s'y rendre; on nous indique la droite. Un peu plus loin, nous sommes confuses, on re-demande notre direction à deux gardiens de sécurité (ça, il y en a absolument partout). En même temps, l'un pointe la droite, l'autre la gauche. Tout le monde rit. Ils discutent et conviennent de nous renvoyer là d'où on vient (“one kilometer” nous rassure-t-on).



« One kilometer » or so plus loin, on longe toujours la clotûre. On nous informe à nouveau : « one kilometer more » « thirty minutes ». Nous ne comprenons pas pourquoi ce magnifique parc est si difficile d'accès. On voit pourtant des gens à l'intérieur : il y a donc bien une entrée. On continue et on arrive à une manifestation pro-Palestine. Des centaines de gens sont réunis, munis de drapeaux et t-shirts aux couleurs de la Palestine, pour écouter des discours et scander des trucs en coeur. On comprend rien mais on comprend tout. Les gens, sur notre passage, nous sourient ou nous dévisagent, et certains nous testent : « free Palestine!? ». On les encourage, ils sont contents.



Nous arrivons finalement à un stationnement qui semble mener au fameux Monas. Nous frayons notre chemin à travers d'immenses autobus voyageurs, d'innombrables scooters et d'insistants conducteurs de calèches. À notre agréable surprise, nous voyons se dévoiler devant nous un petit marché : soudainement, nous perdons tout intérêt pour le monument (surtout que nous n'avons toujours pas trouvé la brèche dans cette imposante clotûre). Finalement, nous nous rendons compte que ce marché n'est rien de moins que ce que je décrirais comme un festival permanent de bouffe indonésienne : quelques rangées de kiosques sont alignées, chacun proposant un plat typique d'Indonésie. Devinez-donc ce qu'on a fait...



Peut-être à cause du ramadan (les musulmans jeûnent du lever au coucher du soleil pendant le mois du ramadan), nous étions seules, outre les gens qui travaillent dans les kiosques de nourriture, les kiosques de souvenirs et leurs enfants. Les gens nous souriaient et les enfants étaient impatients que nous finissions de manger : sûrement que leurs parents leur avaient donné la consigne d'attendre avant de venir nous voir. Nous avons ri un peu avec eux en leur enseignant la différence entre « mister » et « madam » puis ce fut l'heure de retourner à la gare. Tout en traversant le stationnement, nous pouvions encore entendre les enfants crier en coeur : « bye madams! Bye bye! ».

Nous voici donc dans le train, en route vers Semarang. Nous n'avons pas réellement d'intérêt envers cette ville, qui semble n'avoir d'attrayant qu'un petit quartier chinois, mais nous devions au départ nous rendre à partir de là dans les îles Karimunjawa, à 90km au nord de l'île de Java. Notre bateau, et conséquemment notre séjour sur l'île, ayant été annulé, nous n'avons pas réussi à changer nos billets de train pour nous rendre directement à Yogyakarta. Il faut dire que durant le Ramadan, les Indonésiens voyagent pour retourner dans leur famille afin de célébrer Idul fitri, le dernier jour du Ramadan, donc la fin du jeûne et des autres sacrifices faits durant cette période. Les trains sont donc tous réservés d'avance pour cette période. Nous espérons donc que, demain, nous réussirons facilement à trouver une place dans un autobus à direction de Yogyakarta.


En attendant, je regarde les paysages défiler par la fenêtre du train. Entre les petits villages, les Indonésiens qui ont adopté le chemin de fer comme lieu de socialisation, les amoncellements de déchets, les dizaines et dizaines de scooters qui attendent aux traverses à niveau, les rizières à perte de vue, les enfants, nombreux et partout, qui saluent le train, la lessive qui sèche, les chats et les chiens errants, les mosquées et leur minaret, les femmes voilées qui rendent ce paysage humain tellement coloré, les warungs qui sont aussi lieu de rencontre, et le doux balancement du train, mes yeux se soûlent de toutes ces découvertes et se ferment peu à peu...


mercredi 8 juillet 2015

Mon déjeuner préféré

Un des inconvénients de dormir dans un capsule hotel est la proximité avec les autres clients de l'hôtel. J'ai donc assisté ce matin, impuissante, au festival des réveille-matins. Plus de 8 sonneries différentes, et probablement aussi le décallage horaire, m'ont empêché de me rendormir. Puis, j'ai pensé : pourquoi dormir quand tu es au Japon?

C'est alors que mon ventre a grondé et m'a rappelé que c'est dans ce pays que j'ai trouvé MON DÉJEUNER PRÉFÉRÉ !

D'abord, pour ceux qui l'ignorent, le déjeuner a toujours été un supplice pour moi. Je n'aime pas vraiment les trucs sucrés et surtout pas en me levant le matin. Crêpes, gauffres, pain doré, beurre de pinotte-confiture, pour moi, non merci! La seule chose que je suis capable d'avaler le matin, en me forçant pas mal, serait une toast avec quelque chose de salé dessus, genre beurre ou fromage.

Mais au Japon, ô bonheur, on a compris exactement comment je me sens : on mange du riz, des algues, du poisson, du miso... hmmmm! Lorsque je suis venue au Japon il y a deux ans, j'ai donc découvert le sublime onigiri et j'en ai mangé, tout simplement, à tous les matins.

Je me suis donc levée aux petites heures - les rues d'Osaka étaient très tranquilles - pour me rendre au dépanneur le plus proche et me procurer un onigiri au thon (mon préféré) et bien sûr, pour compléter tout déjeuner japonais qui se respecte - un café en bouteille trop sucré. Comme j'aime essayer de nouveaux trucs, j'ai aussi choisi une bouteille de "cidre" qui goûte en fait comme un 7up un peu amer.


L'onigiri est en fait une boule de riz à sushi (vinaigré et salé) fourré avec une garniture (dans ce cas, thon et mayonnaise) et entouré d'une algue de nori. Ce qui le rend délicieux, c'est aussi le fait que l'emballage de plastique est double : il passe entre le riz et l'algue pour empêcher cette dernière d'être mouillée et donc molle, puis tout autour du produit. Quand on prend une bouchée, l'algue est donc croustillante. 



Je me suis tellement régalée, que lorsque j'ai terminé de manger mon onigiri, je suis entrée dans un autre dépanneur et j'en ai acheté un deuxième. Je n'avais pas réellement faim... mais c'est pas tous les jours que l'on déjeune au Japon!

À destination : Osaka

Le lieu : Osaka, Japon

La date : mardi 8 juillet 15h à mercredi 9 juillet 13h30

Le climat : il pleut à Osaka. Il semble y avoir eu une méga averse juste avant qu'on arrive puisqu'on a vu des cours d'école complètement inondées sur notre route entre l'aéroport et la ville. L'air est donc humide et chaud. Même chose mercredi matin. J'espère qu'on aura la chance de goûter à une belle journée ensoleillée japonaise à notre retour, avec son bruit strident de criquets! Je m'étais dit que le Japon ferait une bonne transition climatique entre le Québec et l'Indonésie, mais bon... on se jette direct dedans!

L'odeur : ça sent l'Asie, bien sûr mais aussi le savon et la viande.

_____________________

Nous voilà arrivées en Asie! Après une journée de vols très peu fatiguante (nous n'avions qu'une heure de correspondance entre chacun de nos vols, ce qui nous a à peine laissé le temps de faire pipi, grignoter et tenter de dépenser notre dernier 1.70$ CAN - Tiens, j'ai une petite devinette pour vous : qu'est-ce qu'on peut acheter dans un aéroport avec 1.70$ CAN?

En conséquence, nos noms ont été appelés à l'intercom de l'aéroport de Toronto et lorsque nous sommes arrivées en toute presse à notre porte d'embarquement à Vancouver, ils s'apprêtaient à faire de même).

En débarquant à Osaka, nous avons pris le train jusqu'au centre-ville où se trouve notre Capsule hotel.


Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le concept, il s'agit d'un hotel dont chaque chambre, toujours individuelle, n'est qu'une petite capsule - mais pas si petite! - avec tablette, télé, radio et réveille-matin.
  


Voici de quoi ont l'air nos chambres! Alors, d'abord les hommes et les femmes sont séparés sur des étages différents. Il faut même une clé pour entrer sur l'étage des femmes, et c'est bien indiqué en entrant dans un anglais digne du traducteur Google : "the men do not put it in the women. the women do not put it in the men". Puis, on va dans la salle des casiers où l'un d'eux nous est attribué. Dans celui-ci, à peine assez d'espace pour un packsac de 40L, mais aussi un pyjama, une serviette de bain, deux serviettes de ryokan (bain chaud japonais) et une éponge sous vide à utilisation unique. On ne laisse donc pas nos bagages avec nous dans la capsule. On peut ensuite aller écouter la télé ou la radio dans notre capsule, ou encore aller se laver à la façon japonaise...

Une salle de bain japonaise typique comprend un bain chaud japonais entouré de douches basses. On doit d'abord se laver avant d'entrer dans le bain : on s'assoit sur le petit tabouret de plastique, et on se lave. Par contre, si vous êtes une japonaise, ne sous-estimer pas le temps nécessaire pour cette étape : vous allez laver méticuleusement chaque cm carré de votre corps... les cheveux à deux répétitions minimum, derrière les oreilles, entre les orteils... le visage avec un produit spécial... vous vous rasez les jambes, les aisselles, les bras... mais jamais le pubis. Bref, après tout cela, vous pouvez entrer dans le bain chaud (très chaud!) ou dans le sauna. Une fois bien réchauffé, vous retournez vous laver, plus sommairement cette fois-ci. Puis, vous passez à la salle de bain pour votre toilette. Encore une fois ici, ce doit nécessairement être très long.,

 



Au capsule hotel, tout est fourni : savons, shampooing, brosses à cheveux stérilisées, cure-oreilles, brosses à dent à usage unique, rasoirs, etc.



Il vous reste du temps après tout cela? Pas de problème, il y a aussi la bibliothèque à manga...


la salle de télé...



la salle pour manger avec sa machine distributrice à nouilles instantanées...



la salle de jeux vidéos...



Bref, on peut rester au capsule hotel sans avoir besoin de visiter la ville!

Mais nous avons quand même profité de notre soirée à Osaka pour dépenser les quelques joules d'énergie qui nous restaient. Nous sommes d'abord allées manger dans un izakaya que j'avais beaucoup apprécié lors de ma visite du Japon il y a deux ans. Nous avons bu ce que l'on appelerait par chez nous des "drink de filles" mais qui sont assez appréciés par tout le monde ici et nous avons mangé une variété de "petits plats". 





Puis, la visite d'Osaka de nuit s'imposait. Le rythme nocturne des villes japonaises est hypnotisant. La foule se presse dans les pachinkos et autour des machines distributrices à tout ce que vous pouvez imaginer. Tout le monde a son cellulaire à la main (je fais un peu pik-pik avec ma vieille caméra digitale!). Les gens font la queue devant les restaurant, les kiosques de fast-food ou les boulangeries. Des boutiques aux néons criants sont remplis uniquement de machines à toutous (vous savez, ceux avec la pince où on sait d'avance que c'est impossible de gagner?). 




C'est bruyant, c'est vivant. C'est aussi malheureusement l'exemple le plus extrême du consumérisme occidental.