mardi 13 octobre 2015

Face à la montée des violences : déclaration de solidarité avec le peuple palestinien

Montréal, le 9 octobre 2015 – Pour souligner ses 40 ans d’appui à des populations en lutte pour leur émancipation, le Centre international de solidarité ouvrière (CISO) a organisé avec l’appui de l’Israeli Committee Against House Demolition (ICADH) un stage intersyndical de solidarité avec la Palestine auquel nous avons participé entre le 5 et le 18 septembre dernier.

Au retour de Palestine, nous sommes déterminés à informer le public québécois de la totale injustice et de l’oppression subies par la population palestinienne. Nous avons constaté une intensification des violations des droits humains à son endroit. Nous avons saisi l’ampleur de la complicité de la communauté internationale et du Canada dans la colonisation de la Palestine. L’occupation du territoire palestinien est une entreprise planifiée et systématique d’isolement, d’oppression physique et psychologique des communautés palestiniennes et d’appropriation de leur territoire, au mépris du droit international. Aujourd’hui, on en voit les conséquences : l’expansion de la crise de la mosquée Al Aqsa à l’ensemble du territoire palestinien fait craindre une généralisation des violences qui aura de nouveau un impact disproportionné sur les civils palestiniens.

À Jérusalem, par des moyens législatifs, administratifs, répressifs ou par une application inégale des normes, Israël prive le peuple palestinien de ses droits et lui fait subir de multiples discriminations. Il n’a pas accès aux mêmes services ou aux mêmes prestations sociales que les Israéliennes et les Israéliens. Il est privé du droit au logement, incapable d’obtenir ou de voir reconnaître ses droits de propriété. Des maisons familiales et des villages sont démolis arbitrairement, souvent de manière punitive, avec l’appui du bras armé de l’État.

En Cisjordanie, l’implantation de colonies illégales de peuplement, les déplacements forcés de populations, la monopolisation des ressources et le contrôle militaire briment les droits des Palestiniennes et Palestiniens et témoignent de l’absence d’une véritable volonté de paix de la part du gouvernement israélien. Dans la vallée du Jourdain et ailleurs, l’accès aux sources d’eau naturelles est limité ou monopolisé par les colonies de peuplement. Les Murs et autoroutes construits à grand frais sillonnent la Cisjordanie et Jérusalem. Ils limitent la libre circulation des personnes, menaçant l’accès aux soins de santé et à l’éducation. Ils coupent l’accès aux terres agricoles, compromettant  la survie économique et alimentaire de plusieurs quartiers et villages. Étouffée, l’économie palestinienne offre peu d’emplois à une population dont une partie importante est contrainte de perdre plusieurs heures chaque jour pour passer des contrôles de sécurité et occuper un emploi.

Partout, les Palestiniennes et Palestiniens sont sujets à des arrestations arbitraires par les forces militaires israéliennes, peu importe leur âge, à tout moment du jour ou de la nuit, sans recours juridique juste ou équitable. Nous avons vu une population surveillée, intimidée, menacée, violentée, humiliée, brisée jour après jour. Nous avons nous-mêmes subi les attitudes violentes des forces armées lors d’un rassemblement pacifique à Bil’in.

Nous avons été inspirés par la résistance pacifique, la résilience impressionnante et souriante, par l’espoir imperturbable des Palestiniennes et Palestiniens, tout comme des Israéliennes et les Israéliens luttant à leur côté pour plus de justice.

Nous continuerons, avec le soutien du CISO, à dénoncer l’appui inconditionnel du gouvernement canadien aux politiques racistes et illégales du gouvernement d’Israël en regard du droit international. Nous remercions les groupes palestiniens et israéliens inspirants qui nous ont  accueillis. Nous ne nous tairons pas.

En tant que citoyennes et citoyens canadiens, dans le cadre des élections fédérales, nous demandons aux candidates et aux candidats :
  • De juger les actions d’Israël à l’aune du droit international et des droits humains;
  • De mettre fin à la complaisance coupable du gouvernement canadien face à l’entreprise de colonisation massive d’Israël en Cisjordanie et à ses politiques d’apartheid;
  • De faire pression au sein de leur parti respectif pour que cesse cet appui canadien aux politiques illégales et racistes du gouvernement d’Israël.


Catherine Mélodie Babin, Syndicat des enseignantes et enseignants du Cégep de Rimouski, Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (SEECR-FEC-CSQ)
Lucie Dumoulin, Syndicat de l’enseignement de la région de Vaudreuil (SERV-CSQ)
Denise Gagnon, Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)
Marie-Ève Godbout, Alliance de la fonction publique canadienne (AFPC-FTQ)
Nathalie Guay, Confédération des syndicats nationaux (CSN)
Michel Morency, Syndicat des employé(e)s de magasin et de bureau de la SAQ (SEMB-SAQ-CSN)
Amélie Nguyen, coordonnatrice, Centre international de solidarité ouvrière (CISO)

Crédit photo: Julie Daigneault

Un message de Palestine

Voici un texte que vient de m'envoyer Imad Temiza, vice-président des relations internationales du Syndicat des travailleurs des postes de Palestine. J'ai trouvé important de traduire ce message malgré les risques de ne pas transmettre le message exact et la maladroitesse du texte qui en résulte. Les suggestions d'amélioration seront grandement appréciées. Le message original en anglais suit.



Camarades,

Partout en Palestine, les jeunes Palestiniens se sont levés encore une fois en réaction à notre quotidien fait d'oppression, de discrimination, d'humiliation et de violation de nos droits humains fondamentaux. Ils se sont levés pour la liberté, la dignité et la justice. La réponse de la puissance coloniale occupante à notre résistance fut d'augmenter la violence de sa répression et de ses mesures de sanction collective afin de forcer notre peuple à se soumettre, alors qu'elle poursuit ses confiscations territoriales agressives, qu'elle renforce ses politiques d'apartheid et qu'elle continue à supporter les actes de violence accomplis par les habitants des colonies. Depuis le début d'octobre 2015, selon le Ministre palestinien de la santé, 1300 civils palestiniens furent atteints par des balles de fusil ou des balles de caoutchouc lors de manifestations non armées et alors qu'ils tentaient de protéger leur quartier et leur maison des raids de l'armée et des attaques des colons. De plus, des milliers ont été affectés par l'inhalation de gaz lacrymogènes. 24 Palestiniens ont été tués, plusieurs d'entre eux étaient des enfants.

Non seulement l'armée et la police israéliennes protègent les colons israéliens, mais ils les aident et sont complices de cette violence. Les colons attaquent par des tirs d'armes, des coups physiques, en endommageant ou en mettant le feu aux maisons, aux récoltes ou aux arbres, en volant et en prenant possession des propriétés. Jusqu'à la mi-2015, UN-OCHA avait documenté 127 attaques de colons. Est incluse parmi celles-ci l'incendie volontaire de la maison de la famille Dawabsheh à Douma, qui a causé la mort du père, de la mère, du bébé Ali ainsi que de nombreuses blessures à son frère. Les responsables n'ont pas été mené en justice. Depuis le début du mois, les attaques de colons ne cessent d'augmenter en nombre et en violence et plusieurs villages palestiniens ont été contraints à former des comités de surveillance pour tenter d'arrêter les groupes de colons qui viennent les attaquer en pleine nuit.

Plus que jamais, le mouvement de résistance populaire palestinien a besoin de votre solidarité et de votre soutien. Nous avons besoin de vos voix, que vous partagiez autour de vous ce qu'est la situation actuelle, et que vous preniez action pour renforcer le mouvement de boycott, désinvestissement et sanction (BDS). Aidez-nous à mettre fin à l'impunité dont profite Israël pour ses crimes contre le peuple Palestinien.

Palestinian Postal Services Workers Union (PPSWU)
palpostmen@gmail.com

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Report: the current situation in Palestine Comrades, All over Palestine, Palestinian youth have risen once again against daily oppression, discrimination, humiliation, and violations of most basic human rights. They have risen for freedom, dignity and justice. The Israeli colonial occupying power’s response to the protests has been to upgrade its violent repression and collective punishment measures in order to force people back into submission, while it pursues its aggressive land grabs, reinforces its apartheid policies, and continued to support violent settler communities. Since the beginning of October 2015, according to the Palestinian Ministry of Health, 1300 Palestinian civilians have been shot with live ammunition or rubber coated bullets during unarmed protests, and while attempting to protect their neighborhoods and homes from army raids and settler attacks. In addition, thousands have been injured by tear gas inhalation. 24 Palestinians have been killed, several of them children. Israeli army & police are not only providing protection to Israeli settlers’ violence, but they are aiding and abetting such violence. Settler attacks include shootings and beatings of Palestinian civilians, damaging and setting fire to property, crops and trees, theft, and the takeover of property. By mid-2015, UN-OCHA had documented 127 settler attacks. These include the arson of the Dawabsheh family house in Douma that caused the death of infant Ali, his father and mother, and severe injuries to his brother. None of the perpetrators have been brought to justice. Since the beginning of the month, settler attacks have escalated in number and violence, and many Palestinian villages have been forced to set up watch committees to try to stop mobs of settlers from attacking them at night. More than ever, we need your solidarity and support with Palestinian popular resistance. We need you to raise your voices to spread knowledge of the current situation, and take action to reinforce the global boycott, divestment and sanctions movement. Help us put an end to Israeli impunity for its crimes against the Palestinian people. PPSWU Palpostmen@gmail.com

De l'utilisation de « check-point »

Je viens de terminer de lire le roman « Check-point » de Jean-Christophe Rufin. Curieuse, j'avais téléchargé le livre avant mon départ, uniquement à cause de son titre, sachant que je traverserais de nombreux check-points en Palestine. J'ai débuté la lecture lorsque j'étais en Croatie et je fus agréablement surprise de voir que les événements du livre se déroulent durant la guerre de Yougoslavie! 

Mais ce que j'ai envie de partager avec vous, c'est un extrait de la postface du livre sur l'utilisation du terme check-point. Je suis en train de travailler sur des textes sur mon expérience en Palestine et je me suis moi-même interrogée sur l'utilisation de cet angliscisme, ou de sa traduction française, « point de contrôle ». J'ai donc trouvé la réflexion suivante intéressante.

« Il est vrai qu'à la différence de « check-list » ou de « check-up », le terme « check-point » ne figure pas (encore) dans les dictionnaires français. Il me semble pourtant que ce mot n'a pas vraiment d'équivalent et qu'il s'impose désormais de façon assez universelle, y compris dans notre langue. Sa traduction officielle, « point de contrôle » (ou « poste de contrôle »), n'est pas tout à fait satisfaisante. Elle ne rend compte que d'un des sens de ce mot : celui qui renvoie à une utilisation militaire classique, comme autrefois le point de contrôle entre Berlin-Est et Ouest, le fameux Checkpoint Charlie.

Les check-points que l'on rencontre aujourd'hui dans de nombreux endroits du monde sont beaucoup moins ordonnés. Ils sont l'expression du chaos, de la violence et du morcellement que connaissent les pays soumis à une guerre civile, au Moyen-Orient, en Afrique ou dans l'est de l'Europe. Dans ces situations extrêmes, la frontière est partout. Chacun devient le gardien de son propre territoire. Un fil tendu en travers d'une route, quelques huttes de feuilles, des armes souvent rudimentaires, et l'on se trouve devant un check-point.

D'un point de vue métaphorique, le check-point est aussi devenu le symbole du passage d'un univers à un autre, d'un ensemble de valeurs donné à son contraire, de l'entrée dans l'inconnu, le danger peut-être. »

Jean-Christophe Rufin, 2015. Check-point. Éditions Gallimard, 400p.


Non, les check-points que j'ai vu en Palestine n'ont rien à voir avec un simple « point de contrôle » ou une banale douane frontalière. À l'image de l'oppression, de la domination, de l'humiliation qu'ils représentent, ils méritent leur propre appellation. C'est donc celle que j'utiliserai.

dimanche 11 octobre 2015

À destination : Rovinj

Cela fait quelques jours que je n'ai pas pris le temps d'écrire sur le blog, et ma visite de Rovinj date déjà de près d'une semaine et demie. Le détour par cette jolie ville, ma préférée depuis le début de mon voyage en Croatie, mérite quand même d'être raconté.

Après avoir publié mon dernier article sur Pula, je suis allée rencontrer Mat, un autre CouchSurfer avec Marina et Adam. Ils l'ont invité à partager l'appartement avec moi pour les deux prochaines journées. Comme il avait les mêmes plans que moi pour le lendemain (visiter Rovinj), nous avons donc prévu de passer la journée ensemble.

Évidemment, comme le soir même nous sommes allés boire la bière, comme d'habitude, le lever du lendemain fut un peu difficile. Mat et moi n'étions pas à notre meilleur mais après le nécessaire café chez Bass, nous avons quand même réussi à nous rendre à la station d'autobus et après une petit trajet reposant de 35 minutes, nous voilà arrivés à Rovinj. Je suis contente : il fait beau (mais toujours un peu froid) et ça n'est pas arrivé souvent depuis mon arrivée en Croatie.

Le serveur devait savoir que j'avais besoin d'un peu de courage ce matin-là : un coeur au lieu d'une étoile!


Rovinj est située à environ 40km au nord de Pula. Petite ville où la pêche traditionnelle est encore exercée, elle est appelée la petite Venise croate. Dans le petit port qui forme le centre de la ville, on s'étonne du nombre de bateaux pendant qu'on observe les pêcheurs qui recousent leur filet sous le ballet des goélands attirés par leurs prises fraiches. Au nord, on voit la vieille ville qui recouvre une petite coline, au-dessus de laquelle se trouve l'église Ste-Euphémie, au clocher imposant.




Dans la vieille ville, les rues sont étroites et tout ressemble exactement à l'idée que je me faisais d'un petit village de Méditerranée. Tout est mignon et incite à la photographie. On essaie de se maitriser un peu, mais nous sommes sous le charme.




Toujours un peu fatigués de notre soirée, on décide de se payer la traite et de manger du poisson. C'est un peu cher, mais on trouve un restaurant qui semble offrir un bon deal. On s'inquiète un peu quand on voit la face du serveur : pas très jojo et il insiste pour nous parler en allemand – aucun rapport. Au moins, Mat, qui vient d'Amsterdam, le parle. On lui demande quel type de poisson est offert dans le menu annoncé sur l'ardoise et il se fâche presque : « I don't know! 35 years I work here nobody ask the fish. Not important. It's fish from the water! ». OK, on n'en saura pas plus! Finalement, tout est délicieux et on apprend plus tard que le prix est excellent. Et le poisson, c'était du maquereau!

Après le repas, on se sent beaucoup plus fatigués qu'avant (dur, dur, la digestion). On s'amuse un peu avec l'option Panorama de nos téléphones, puis on se trouve un coin de parc pour la sieste. On retourne à Pula où nos hôtes nous attendent à l'appartement.





Pour notre dernière soirée, Marina et Adam nous ont préparé un vrai festin croate : charcuteries, fromages, poissons marinés et bruschetta. Ils ont invité des amis et c'est à huit qu'on dispute un tournoi de Uno. Les gars ne gagnent aucune manche alors que la bataille est chaude entre les filles. Douze litres de bière et beaucoup de « živjeli » (Santé!) plus tard, nous terminons la soirée dans un bar pour une dernière bière, puis tout le monde rentre à la maison. 




Le lendemain, nous prenons notre dernier café au Bass puis nos amis nous conduisent à la station d'autobus. Mat se rend à Zagreb alors que je saute dans le bus vers Zadar. Sept heures sur la route côtière pour me reposer, rêver et admirer le superbe paysage qu'offre la Croatie quand il fait beau. Je suis contente de voir lors de nos quelques arrêts-pipi que la température se réchauffe alors qu'on se déplace vers le sud. J'ai très hâte d'arriver à Zadar, même si je n'ai aucune idée à quoi m'attendre.


Pourquoi une mission de solidarité en Palestine?

Publié le 8 octobre 2015 dans La Riposte vol. 36 no 4.

Le Centre international de solidarité ouvrière (CISO) est une organisation intersyndicale de solidarité internationale regroupant des organisations syndicales québécoises, des groupes populaires et des membres individuels. À travers ses activités d'éducation et de coopération, le CISO cherche à créer des liens de solidarité entre travailleuses et travailleurs d'ici et d'ailleurs. Il voit le jour en 1975, en réponse à la Conférence internationale de solidarité ouvrière de Montréal qui rassemble des leaders du mouvement populaire et syndical et des organisations non gouvernementales.


Depuis sa formation, le CISO a organisé plus de 50 stages syndicaux à l'étranger. À l'occasion de son 40e anniversaire, les membres du conseil d'administration ont décidé d'organiser un stage en Palestine, lieu où s'est tenu le tout premier stage syndical.

Alors que la situation est stable depuis la dernière guerre de Gaza et que l'attention médiatique s'en retrouve détournée vers d'autres conflits au Moyen-Orient, la situation du peuple palestinien demeure critique et l'étau se resserre de plus en plus. La mission de solidarité syndicale se voulait donc l'occasion de sensibiliser les stagiaires à la situation des Palestiniennes et Palestiniens, et plus particulièrement à celle des travailleuses et des travailleurs, d'appuyer les luttes du mouvement de défense des droits palestiniens et de renforcer les liens de solidarité entre les organisations québécoises et palestiniennes.

Pendant les dix jours qu'a duré le stage, une vingtaine d'organisations furent rencontrées, ainsi que des gens, Palestiniens et Israéliens, plus inspirants les uns que les autres.


Rencontres avec des organisations syndicales
La situation syndicale en Palestine est complexe; si les principaux groupes syndicaux sont critiqués pour leur proximité avec les partis politiques, d'autres, plus petits et « indépendants », sont accusés de manquer de représentativité. Les organisations semblent donc travailler en vase clos.

Les enjeux sur lesquels travaillent les syndicats palestiniens sont nombreux; en plus de chercher à améliorer les conditions de travail de leurs membres, ils doivent le faire dans un contexte d'occupation de leur territoire. De plus, les syndicats palestiniens n'ont pas la légitimité nécessaire pour assurer la défense des droits des Palestiniennes et Palestiniens qui travaillent en Israël et sur les colonies de peuplement.

Rencontres avec des organisations de défense des droits humains
Les droits humains des Palestiniennes et Palestiniens ne sont pas respectés par Israël, en mépris complet des drois internationaux. Les moindres aspects de la vie quotidienne sont contrôlés par le gouvernement israélien; la signature des accords d'Oslo en 1993 ne semble qu'avoir empiré la situation. Heureusement, de nombreux groupes, dont certains sont israéliens, oeuvrent afin de lutter contre l'oppression et la colonisation et pour plus d'équité entre les deux populations.

Rencontres avec des organisations palestiniennes de solidarité
Les membres de la délégation ont rapidement constaté que les Palestiniennes et Palestiniens font preuve d'une résistance pacifique, d'une résilience souriante et d'un espoir imperturbable malgré la situation difficile qu'ils vivent. Au lieu de se décourager, plusieurs ont décidé de s'organiser afin de développer l'économie locale, de lutter contre les conséquences de l'occupation et d'insuffler de l'espoir à leur famille et leur communauté.

Rencontres avec des intellectuels et militants
Les rencontres avec certains acteurs du milieu universitaire et intellectuel de Palestine ou d'Israël ont permis aux membres de la délégation de porter plus loin leur réflexion et leur compréhension du contexte, notamment ce qui concerne la situation des femmes de Palestine, l'accès aux soins de santé, les stratégies de colonisation mises en place par Israël, ainsi que l'avenir du processus de paix et des mouvements sociaux de Palestine.

Sorties de terrain
La fragmentation géographique résultant de la colonisation est omniprésente : le Mur, l’implantation de colonies de peuplement illégales, les déplacements forcés de populations, la monopolisation des ressources et le contrôle militaire briment les droits fondamentaux des Palestiniennes et Palestiniens. L'accès aux écoles est limitée pour les enfants et la survie économique de villages entiers est menacée par l'inaccessibilité des terres agricoles. Dans la vallée du Jourdain et ailleurs, l’accès aux sources d’eau naturelles est limité ou monopolisé par Israël.
  • visite du quartier palestinien de Jabal Mukaber à Jérusalem;
  • visite des colonies israéliennes de Ma'aleh Adumim, Mishur Adumim et Na'mah;
  • visite des vieilles villes de Naplouse et de Hébron;
  • visite des villes enclavées Anata, Qalqilya, Bir Nabala et Nabi Samwil;
  • visite des camps de réfugiés de Shu'fat, Aida et Balata;
  • visite des check-points de Qalqilya et Qalandiya;
  • visite du camp de bédouins de Khan al-Ahmar et de son école;
  • visite de la rivière asséchée de al-'Oja;
  • visite du bureau de poste de Hébron;
  • visite du Canada Park.

Sur place, il est difficile de faire l'autruche face aux impacts de la colonisation sur la vie quotidienne des Palestiniens et Palestiniennes. Les membres de la délégation reviennent de cette expérience avec des images plein la tête et une tonne d'informations, mais surtout, beaucoup d'indignation et de motivation à la partager.


Les membres de la délégation du CISO. Assises, de gauche à droite : Denise Gagnon, FTQ et Julie Daignault, FiQ. Debout : Nathalie Guay, CSN; Marie-Ève Godbout, FTQ; Amélie Nguyen, coordonatrice du CISO; Michel Morency, CSN; Catherine Babin, CSQ; Lucie Dumoulin, CSQ.



jeudi 1 octobre 2015

Dans mes oreilles

Roule - Daniel Bélanger

Et tu poses ton bagage
Dans la soute à bagage
Et tu feras du kilométrage
Et ce voyage tu le feras sur la route
Tout comme en toi-même
Tout comme en toi-même...

Et si tu n'opposes pas de résistance
Tu feras beaucoup de distance
Allez, fais-le pour toi-même
Allez roule, allez roule roule roule, allez
Allez roule, allez roule roule roule, allez

Et tout au bout de l'horizon soit que tu trouves soit que tu ne trouves rien
Soit que tu trouves toi, bien soit que tu trouves toi, moins bien
Si tu as le coeur, le courage
Si tu as le coeur au voyage
Tu trouveras ta voie

Allez roule, allez roule roule roule, allez
Allez roule, allez roule roule roule, allez
Et tout au bout de l'horizon
Soit que tu trouves soit que tu ne trouves rien,
Absolument rien




À destination : Pula

On est bien chez soi! Et c'est exactement comment je me sens présentement à Pula.

Je suis arrivée ici samedi, il y a déjà presque une semaine. Déjà avant de partir de Zagreb, Marina m'avait contacté via CouchSurfer pour que l'on se voit pour une bière. C'est donc ce que nous avons fait le soir même de mon arrivée à Pula. Avec ses amis Adam et Dragutin (que j'ai malcontrueusement surnommé Dragustin (dragoustine) – je pense que le surnom va rester bien longtemps après mon départ, le pauvre!), nous avons pris quelques bières. Puis, nous sommes allés manger la plus incroyable pizza au monde – j'allais bientôt découvrir qu'elles sont toutes comme ça ici. Nous avons rencontré d'autres amis en soirée et j'étais complètement aux oiseaux (et un peu pompette) lorsque Marina et Adam m'ont ramené à l'auberge.



Déjà, l'horaire du lendemain était prévu : rendez-vous en soirée pour une (ou deux, ou trois) bières dans le café préféré de mes nouveaux amis, le Bass Caffè. Entre temps, je me suis promenée tranquillement avec mon petit lendemain de veille dans la vieille ville de Pula pour voir ses monuments historiques qui datent de l'époque de l'empire romain. Le dimanche, presque tout est fermé en Croatie – les gens sont assez religieux. C'était donc tranquille, plusieurs cafés étaient fermés et comme la saison touristique est terminée, les sites touristiques n'étaient pas très achalandés.



Pula est le centre économique et culture de l'Istrie, la péninsule qui se trouve tout au nord-ouest de la Croatie. Voisine de la Slovénie et de Trieste (Italie), c'est une région assez touristique dont l'héritage culturel diffère relativement du reste du pays. Comme la région a appartenu à l'Italie dans un passé pas trop lointain (de la première guerre mondiale à la deuxième), certaines personnes ici parlent encore l'italien (les panneaux routiers sont d'ailleurs bilingues) et, au lieu du classique Bok croate comme salutation, on utilise plutôt le Ciao! Ciao pour bonjour, ciao pour au revoir! J'adore.

Je n'étais pas du tout au courant de cette particularité de la région en venant ici et c'est avec grande surprise que je suis tombée face à face avec un géant de pierre sur mon chemin entre la station d'autobus et mon auberge : un amphithéatre romain super bien conservé, en plein milieu de la ville. On retrouve aussi dans la vieille ville des arches et des ruines romaines, un forum, de vieilles églises et une citadelle. De quoi occuper une journée complète à la balade.





Après une autre soirée bien arrosée, l'amitié est bien nouée entre Marina, Adam, Dragutin et moi. Marina m'invite à m'installer dans l'appartement de sa grand-mère, qui habite dans sa maison du nord de la Croatie durant l'été, et qui est libre. J'accepte avec plaisir; l'appartement est bien situé et l'occasion est d'or. J'emménage donc dès le lendemain matin après avoir quitté sans regrets une auberge vraiment très bizzare.

Rapidement, je comprends la routine qui s'impose lorsque l'on est croate : tous les matins, on se rend au Bass pour le café. On y passe quelques heures à relaxer, jaser, boire et fumer... En fait, Marina fume et les autres prennent leur dose quotidienne de fumée secondaire. Le café est délicieux et les serveurs du Bass commencent déjà à me reconnaître et savoir ce que je prends – un café au lait (macchiato) qu'ils décorent toujours d'une étoile en chocolat. Pour Marina, un espresso auquel elle ajoute toujours du sucre et quelques cuillèrées d'eau froide et pour Adam, un espresso sucré qu'il sirote en même temps qu'un verre de cola – un classique croate m'assure-t-il. Il faudra bien que j'essaie, quand même.



Après être allé porter mon sac à l'appartement, Marina et Adam décident qu'il est bien plus agréable d'aller nous balader en Istrie que de travailler. Je ne peux qu'être d'accord et nous partons vers le petit village médiéval de Motovun situé dans les terres de l'Istrie. Le village est construit sur une colline qui domine toute une vallée et duquel on a une vue panoramique à 360 degrés. Le paysage est à couper le souffle. Sur le chemin du retour, nous faisons un petit détour dans la ville touristique de Poreč pour manger une (autre) délicieuse et gargantuesque pizza. Ce qui devait n'être qu'un petit snack en attendant le souper du soir s'est finalement transformé en festin. Mais aucune culpabilité n'est de mise quand la nourriture est si délicieuse!

On voit Motovun à gauche, sur la colline.




Nous sommes donc rentrés à Pula juste à temps pour nos plans de la soirée, qui comportaient comme toujours du plaisir et de l'alcool : un petit party à l'appartement, ce que j'ai personnellement interprété comme une pendaison de crémaillère. Marina nous a préparé une délicieuse moussaka (différente de la mouska grecque que je connaissais – pas d'aubergines, mais des étages de patates, viande aux tomates et fromage) et nous avons joué à Uno jusqu'à ce que la fatigue nous empêche de continuer. Marina avait également apporté du vin de la région qui a un goût très particulier (et que je me garderai de tenter de vous décrire, considérant mes connaissances limitées en oenologie).


Le lendemain, après le traditionnel café, nous avons rencontré un autre CouchSurfer, Tony de France, pour une pizza (impossible de se tanner!) puis Marina m'a amené visiter le théatre où elle travaille. Puis, plus tard en après-midi, c'était au tour d'Adam de me montrer l'endroit où il travaille : le merveilleux parc naturel de Kamenjak, une péninsule qui se trouve tout au sud de la péninsule istrienne. Nous y voyons d'autres paysages à couper le souffle, des falaises et la mer d'un bleu foncé. Il vente très fort en Istrie depuis mon arrivée et nous assistons au spectacle des touristes qui font du kite surf entre les îles du parc.



Devinez quels fut les plans de la soirée... Oui, bières et plaisir au Bass, avec d'autres touristes rencontrés à l'auberge de Tony. Marina et Adam sont des gens extrêmement généreux, curieux et qui adorent découvrir d'autres cultures et partager la leur. On se fait mettre à la porte du Bass vers 1h du matin (même si selon moi, on devrait profiter d'un statut spécial VIP, tellement on passe notre vie là!).


Aujourd'hui, tout le monde avait besoin de travailler un peu. Après le café, on se quitte et pour ma part j'ai réussi à avancer pas mal, notamment à rédiger un premier article pour La Riposte. Ce soir, on se retrouve encore à l'appartement. Marina va amener des truffes (des truffes! Tsé!) et on va se faire des pâtes et jouer de nouveau au Uno.

Je n'en reviens pas de la chance que j'ai d'avoir rencontré ces personnes dont la générosité dépasse l'entendement. Selon eux, ils agissent comme tout Croate le ferait envers ses amis. Mais grâce à eux, j'ai la chance d'expérimenter la vie quotidienne en Croatie et même m'y intégrer un peu, je visite des lieux qui sont très difficiles d'accès pour une touriste sans voiture, je rencontre plein de gens, je me tape des trip de bouffe incroyables et je profite incroyablement de mon passage à Pula. Le seul inconvénient dans toute cette histoire, c'est que je devrai bien quitter un jour... D'ici là, je profite de chaque minute.


Hvala, hvala, HVALA!!